jeudi 17 août 2017


Une maison de pêcheur, perdue dans cette si belle Islande. Une baraque qui me fait rêver encore et écrire ces mots, ceux dans l’attente d’un souffle, dans le rire d’une nuit et par l’attente imprécise d’un bruit… là… juste derrière la porte de mon coeur.

L’homme qui paille brûle

Je sais qui vient,
Cet homme qui paille brûle
Quand beauté soupire encore,
Aux silences du bleu,
Aux regrets du passé, si loin
Des soupirs de la vie.

Je sais qui vient,
Ce grain qui crisse sous chausse !
On naît dans le jeûne des mots,
Mais toujours dans le cil ému,
Dans cet appétit de désir,
On se meurt alors d’amour.

Je sais le silence de ses pas,
Le hasard sans mots qui grogne,
La rouelle insensée qui fuit,
Je sais la laine de ses mains,
Et pourtant, le voilà déjà
Qui se retourne dans la nuit.

Et je sais celui qui vient
Loup de guerre et guère de vie,
Souffler le sable de mon île,
Celui de bleu telle nos rides,
Celui du temps qui dort encore
Quand s’échappent nos folies.

Car oui je sais cet homme qui vient
Encore dans les rêves charbonnés,
Egaré au chemin des pitres,
Mais je chante au soir ses armures de cœur,
Je chante sous la nacre du ciel
La nuit des belles amours.









lundi 14 août 2017

Peut-on en raison entendre le murmure d’un cœur battant, le silence d’une vie suspendue à l’instant, oui, connaître le sens d’un infini qui déroule à jamais le pareil ?
Peut-on savoir le crissement du carillon sur le sable, le chuchotement d’une mère dans la nuit, et sans pareil l’éclat de la victoire d’un amour ?
Mais je sais sans la connaître la douceur du vent qui léger ravive les braises, je sais les marches de verre d’un navire sans escale, et là-bas, qui me regarde dans l’intime, l’amour d’une femme à jamais présent…

Le cœur qui  bat

Laisse-le parler
Ce corps chiné
Par les  années…

Mais c’est ainsi…

Le temps du soir,
Le sable d’une lande,
Un murmure, un mot…

Ce silence, ainsi…

L’automne reviendra,
À peine pour l’amour,
Et déjà dans tes rêves,

Mais c’est ainsi…

Cette vie d’ivresse,
Des regards d’horizon,
Des mots inachevés…

Et toujours la nuit…

Et si tu oses
Rejoindre la cime échancrée
D’un bourgeon d’amour,

Ainsi soit ton désir…

Ainsi soient les heures,
Caresses de ton cœur,
Qui bat, qui bat, qui bat encore

Et c’est ainsi…


mardi 8 août 2017

Lettre à ma Mie

Le brin d’un regard sous le ciel de tes caresses, rien n’est de pause, que le cœur qui s’épanche encore…

Que la main qui vrille dans les maux, dans la douleur, dans l’escale de nos pensées…

C’est l’instant d’amour, d’un rien qui transpose ainsi la nuit dans le quotidien des lunes, couvertes ou cachées, ces étanchéités de bonheur à ne jamais partager…

Je sais le dire en quelque littérature, mais n’ose l’échanger de mes lèvres enflammées, je sais tes yeux qui tardent dans le soir, et même si l’atour d’une ligne d’encre est telle marée de pensées, demeurent en mon âme les instants pour dévorer l’amour de ton cœur…

Le brin d’un regard me confiera je le sais la douceur de ton âme ; la palme d’un sourire, la fraîcheur d’une main, et… plus loin dans la nuit, le chemin de terre pour peupler la cour de nos émotions, pour vibrer encore et encore sur nos corps.

Ce soir est délivrance du temps, un piano s’enguenille sur les prés, je veux juste te dire, te confier la rougeur du couchant, le zéphyr si doux de la nuit peut être une chauve-souris , un hibou et le reste de l’obscur délivreront ma missive…

Bonne nuit ma Mie, que les songes nous émeuvent en fusion de ces heures.

Thierry Crépin-Leblond Tous droits réservés Texte déposé 



dimanche 30 juillet 2017

La confusion du regard

Le pleur d’une pluie d’hiver
L’annonce d’un amour naissant
Là se bercent leurs lèvres rougies
Là se retire l’enclin d’un regard

-Le regard sans un secret-

Les lunettes d’un soleil au midi
Les mères aux lunes de la nuit
Là vingt ans se rejoignent si fous
Là vibrent les mots comme Verlaine

-Et le regard sans pareil-

Les mains maintenant nouées autour
Des pieds égarés de la table
Là s’encollèrent les jours passés
Là s’y retirent les heures à rêver

- De s’aimer enfin d’un regard-

Le sable se verse dans l’instant rivé
Les mêmes désormais sont couple
Et si là le désir joint l’inespéré
Là se touche l’immensité d’aimer

-Sans autre que la confusion du regard-

Copyright © Thierry Crépin-Leblond
Illustration : Chapelle Notre-Dame-du-Haut Ronchamp





vendredi 28 juillet 2017

Au bal imaginaire

Un bref crissement dans la cour de sable blanc
Le carrosse s’épuise et la robe s’allonge
Tu es là dans la brise d’un pan de soie
Tu es là silence tapi dans mes songes

L’écho d’une nudité le reflet silencieux d’un sein
Les lèvres de la nuit muées en cuirasses d’amour
Un court sourire déposé de tes yeux au marchand de rêves
Et ce soupir aux relents iodés d’un océan de tendresse

Oui je sais de ces yeux fous qu’ils versent sur mon coeur
Le filtre chaud d’une envie pour la nuit éperdue
Je me demande si l’image est juste de tes hanches
Qui de peu d’outrage se déposent sur les draps

Et d’avance ce rire me transpose dans la nuit
Tes pas s’éternisent où les danses te soumettent
Tu me parlais de tristesse je te conte le désir des mots
Ce souffle ténu et presque insensible de mon amour

Et je rentre hagard au son d’un bal imaginaire
La salle brille les cristaux sifflent sous tes mains
Je sais ainsi que d’une courbure dans le sillon des rêves
Naîtra toutes mes nuits encore ton soupir alangui

CopyrightFrance © Thierry Crépin-Leblond